Le portail de rapatriement du MAS
Le portail de rapatriement de l’Association des musées de la Saskatchewan (MAS) est un projet qui cherche à donner accès aux biens/artefacts issus du patrimoine culturel des Premières Nations, des Inuits et des Nations métisses confinés dans divers musées et collections. Le but est de faciliter le rapatriement de ces biens et ces archives, conformément aux articles de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (plus précisément les articles 11, 12 et 31 de la DNUDPA), ainsi qu’aux meilleures pratiques muséales. Il s’agit d’un projet en cours. Les biens et les informations enregistrés sur ce site continueront d’évoluer et de croître.
L’objectif principal de ce projet est d’aider les Premières Nations, les Inuits et les Nations métisses, ainsi que les communautés de la Saskatchewan, à situer les biens issus de leur patrimoine culturel actuellement retenus dans des musées.
Tout musée peut contribuer à ce projet si celui-ci détient des biens/artefacts issus du patrimoine culturel des Premières Nations, des Inuits ou des Nations métisses originaires des communautés autochtones de la Saskatchewan.
Nous invitons tous les musées en Saskatchewan possédant des biens issus du patrimoine culturel des peuples autochtones au-delà de la Saskatchewan à partager cette information, afin de soutenir la DNUDPA dans le cadre de cet effort mondial de rapatriement.
Pour plus d’informations
Danyluk, Stephanie and MacKenzie, Rebecca. Moved to Action: Activating UNDRIP in Canadian Museums. 2022. (https://museums.ca/uploaded/web/TRC_2022/Report-CMA-MovedToAction.pdf)
Dans son rapport Portés à l’action: Appliquer la DNUDPA dans les musées canadiens, l’Association des musées canadiens (l’AMC) discute en profondeur des « considérations historiques » (pages 11 à 35) qui ont mené les biens des Premières Nations, des Inuits et des Nations métisses dans les mains des musées. Il s’agit là d’une ressource précieuse, permettant de mieux comprendre comment les musées canadiens ont acquis ce patrimoine culturel autochtone.
Museums Association of Saskatchewan. “Appendix B: Indigenous Standards.” In Standards for Saskatchewan Museums. 123-127. 2022. (full Standards: https://saskmuseums.org/wp-content/uploads/2025/03/Standards-for-Saskatchewan-Museums-2022-Sixth-Edition.pdf; just Appendix B: https://saskmuseums.org/wp-content/uploads/2025/09/APPENDIX-B-Standards-for-Saskatchewan-Museums-2022-Sixth-Edition.pdf)
Les biens sacrés et adaptés à la réalité culturelle sont prioritaires dans les efforts de rapatriement. Reconnaissant que ces termes sont plutôt génériques, MAS a dressé une petite liste de biens issus des Premières Nations et des Michifs/Métis. Celle-ci peut servir de guide sommaire. Il faut respecter le fait que le musée ou le collectionneur n’est pas en mesure de déterminer ce qui est ou n’est pas sacré, ou adapté à la réalité culturelle de la communauté. Seule la communauté d’origine peut en évaluer l'importance.
United Nations. United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples. 13 September 2007. (https://social.desa.un.osasrg/sites/default/files/migrated/19/2018/11/UNDRIP_E_web.pdf)
Article 11 de la DNUDPA(pages 11-12)
1.Les peuples autochtones ont le droit d’observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l’artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature.
2. Les États doivent accorder réparation par le biais de mécanismes efficaces - qui peuvent comprendre la restitution - mis au point en concertation avec les peuples autochtones, en ce qui concerne les biens culturels, intellectuels, religieux et spirituels qui leur ont été pris sans leur consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes.
Article 12 de la DNUDPA (page 12)
1. Les peuples autochtones ont le droit de manifester, de pratiquer, de promouvoir et d’enseigner leurs traditions, coutumes et rites religieux et spirituels ; le droit d’entretenir et de protéger leurs sites religieux et culturels et d’y avoir accès en privé ; le droit d’utiliser leurs objets rituels et d’en disposer ; et le droit au rapatriement de leurs restes humains.
2. Les États veillent à permettre l’accès aux objets de culte et aux restes humains en leur possession et/ou leur rapatriement, par le biais de mécanismes justes, transparents et efficaces mis au point en concertation avec les peuples autochtones concernés.
Article 31 de la DNUDPA (page 23)
1. Les peuples autochtones ont le droit de préserver, de contrôler, de protéger et de développer leur patrimoine culturel, leur savoir traditionnel et leurs expressions culturelles traditionnelles ainsi que les manifestations de leurs sciences, techniques et culture, y compris leurs ressources humaines et génétiques, leurs semences, leur pharmacopée, leur connaissance des propriétés de la faune et de la flore, leurs traditions orales, leur littérature, leur esthétique, leurs sports et leurs jeux traditionnels et leurs arts visuels et du spectacle. Ils ont également le droit de préserver, de contrôler, de protéger et de développer leur propriété intellectuelle collective de ce patrimoine culturel, de ce savoir traditionnel et de ces expressions culturelles traditionnelles.
2. En concertation avec les peuples autochtones, les États prennent des mesures efficaces pour reconnaître ces droits et en protéger l’exercice.
Notes concernant les termes utilisés
Certains des termes utilisés sur ce site web peuvent être familiers ou étrangers aux usagers. Ce travail est réalisé en soutien à la DNUDPA, et consacré aux meilleures pratiques muséales. Les termes choisis tentent de refléter cette approche, qui cherche à soutenir les efforts de réparations des dommages causés par le colonialisme et la perpétuation des pratiques coloniales dans le cadre de pratiques muséales. Il ne s’agit pas là de définitions finales. Celles-ci ne devraient pas empêcher le rapatriement d’articles appropriés.
Biens/artefacts
Le terme « biens » a été adopté conformément aux recommandations du rapport Portés à l’action de l’Association des musées canadiens. Ce rapport favorise le terme « biens » plutôt que le terme « artefact », plus courant. Le terme « artefact » a tendance à minimiser le rapport privilégié qu'un article peut entretenir avec certaines personnes, en le dérobant de ses éléments spirituels, notamment, et en le réduisant à un objet inanimé et anonyme. À ce titre, le terme « biens » tente de redresser ce déséquilibre en reconnaissant explicitement ces biens comme faisant partie des proches de ces communautés.
Toutefois, le terme « biens » n’est pas encore utilisé si couramment au-delà des cercles des professionnels du milieu muséal, et le terme « artefacts » est plus connu du grand public. Alors que nous favorisons le terme « biens », le terme « biens/artefacts » est utilisé dans quelques instances afin de nous assurer que le public puisse comprendre à quoi il fait référence.
Patrimoine culturel
« Le patrimoine culturel est constitué d’objets, de monuments, de groupes de bâtiments et de sites dotés d’une valeur historique, artistique, esthétique, ethnologique ou anthropologique, scientifique et sociale. Ceci inclut le patrimoine tangible (mobilier, immobilier et sous-marin) ainsi que le patrimoine culturel immatériel (PCI) intégré à des sites, des monuments ou des artefacts du patrimoine culturel et naturel. Cette définition exclut le PCI lié à d’autres domaines culturels tels que les festivals, fêtes et foires. Il comprend le patrimoine industriel et des peintures rupestres. »
Cadre de l’UNESCO pour les statistiques culturelles (CSC) 2009 (https://uis.unesco.org/en/glossary-term/cultural-heritage)
Héritages nocifs
Les domaines académiques de l’archéologie et de l’anthropologie, ainsi que certaines notions en matière d’évolution biologique, ont vu le jour pendant une période de colonisation et d’impérialisme intensifs. Ces idées, à l’époque, étaient intimement liées à leur contexte sociohistorique, et à un esprit du siècle qui cherchait à établir une hiérarchie inhérente entre les peuples, afin d’expliquer les différences entre différentes populations sur la planète, et de justifier l’exploitation de celles-ci. L’idée erronée selon laquelle certains peuples sont naturellement supérieurs à d’autres est gravée dans les écrits et la pensée de cette époque. Ce concept a permis de sanctionner des niveaux inouïs de violence et d’oppression à travers les 18e, 19e et 20e siècles.
Aujourd’hui, alors que nous tentons de mesurer l’ampleur de l’histoire ardue dont nous avons hérité, nous cherchons à tracer un chemin vers un futur plus équitable, dans lequel la dignité de tous les peuples est respectée. Nous devons réaliser que ces idées historiques nocives ont été consacrées dans la conservation muséale et dans notre interprétation des œuvres, et que ces idées ont été transmises dans les récits présentés par les musées.
Le rapatriement des biens/artefacts autochtones permet d’adresser certains des dommages causés pendant cette période, mais il s’agit d’un sujet sensible, évidemment, que nous ne prenons pas à la légère. La documentation relative aux articles retrouvés dans les collections de musées contient souvent une terminologie inexacte, inappropriée ou même erronée, à la lumière de notre pensée moderne. Dans la mesure où un tel langage est reproduit ici, l’intention est de pouvoir décrire l’article tel qu’il est identifié dans la documentation officielle. L’objectif est également de souligner la connexion historique d’un article avec un peuple particulier, autant qu’une telle documentation puisse le faire, afin que l’article puisse retrouver ce peuple ou les descendants de celui-ci. Nous devons admettre qu’une telle documentation est nécessairement imbriquée dans le contexte sociohistorique de l’époque de sa rédaction. En reproduisant en détail une telle documentation, nous risquons de reproduire les notions inexactes ou inappropriées qui lui sont associées. Nous n’avons pas l’intention de perpétuer les torts historiques entraînés par de tels termes, et nous accueillons toute contribution qui pourrait améliorer l’exactitude et la vérité respectueuse des descriptions qui accompagnent chaque article.
Qui plus est, dans certains cas, nous faisons face à une quantité particulièrement limitée d’information concernant des articles. Les informations présentées reflètent sincèrement l’étendue du savoir de l’Association des musées de la Saskatchewan, mais il est possible que des erreurs s’y trouvent. Si ces erreurs entraînent des émotions difficiles auprès du visiteur, nous ne pouvons que présenter nos sincères excuses, en toute humilité. Nous vous invitons à nous aider à corriger de telles erreurs, là où elles se trouveraient.
Titulaires de droits autochtones
Extrait de Portés à l’action,
« Les droits autochtones font référence aux pratiques, aux traditions et aux coutumes qui distinguent la culture unique des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Les détenteurs de droits autochtones sont les peuples autochtones titulaires de ces droits.
Les droits autochtones sont des droits inhérents et collectifs, détenus depuis des temps immémoriaux et qui découlent des ordres juridiques et sociaux créés par chaque nation autochtone. Ces droits sont maintenus et protégés de bien des façons, y compris par l’article 35 de la Loi constitutionnelle du Canada. » (pg. 54).
Autochtones/Peuples autochtones
Dans un contexte canadien, « autochtone » est utilisé comme un terme collectif qui s’applique aux Premières Nations, aux Inuits et aux Nations métisses. Il s’agit d’un terme qui fait référence à des peuples ayant été mondialement assujettis à la colonisation.
Provenance
En général, le terme « provenance » fait référence à l’historique de détention d’un bien/artefact depuis sa création. Il s’agit d’une comptabilisation historique, afin de savoir où, quand, et avec qui un bien se trouvait avant d’être pris en charge par le musée. Plus le bien a changé de mains, plus il est difficile d’en déterminer la provenance avec exactitude. Ainsi, le travail de recherche en matière de provenance peut demander de consulter des documents historiques, des documents d’archives, et de l’histoire orale, notamment, afin de tracer le chemin du bien, du musée jusqu’à ses origines.
Références
2007. “United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.” United Nations. https://social.desa.un.org/sites/default/files/migrated/19/2018/11/UNDRIP_E_web.pdf
2009. “Cultural Heritage.” UNESCO Institute for Statistics. https://uis.unesco.org/en/glossary-term/cultural-heritage
2018. “Native Land Digital.” Native Land Digital. https://native-land.ca/
2022. “Moved to Action: Activating UNDRIP in Canadian Museums.” Canadian Museums Association (CMA). https://museums.ca/uploaded/web/TRC_2022/Report-CMA-MovedToAction.pdf
2022. “Standards for Saskatchewan Museums.” Museums Association of Saskatchewan (MAS). https://saskmuseums.org/wp-content/uploads/2025/03/Standards-for-Saskatchewan-Museums-2022-Sixth-Edition.pdf



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